Eléphant de guerre

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Les auteurs anciens, surtout Polybe et Appien, mentionnent la présence d'éléphants de guerre dans les armées puniques. La tradition rapporte que c'est Pyrrhus, roi d'Epire, qui enseigna aux Carthaginois l'usage guerrier de cet animal.Or, Pyrrhus imitait Alexandre le Grand, qui avait appris cette tactique lors de son expédition en Inde. D'ou le passage dans la langue courante du mot "indien"(indus en latin) pour désigner le cornac. Le nom propre est devenu un nom commun. Il est également tout à fait possible que les carthaginois aient eu recours, dans un premier temps, à des dresseurs véritablement originaires d'Inde.

Les éléphants sont signalés en Afrique du Nord, en particulier dans la partie orientale de la Tingitane, par Pline l'Ancien (V,18) et Hérodote (IV, 191) notamment. On les trouvait surtout au pied de l'Atlas et dans la région du cap Soloeis, dans le voisinage des colonnes d'Hercule, le détroit de Gibraltar.

La Numidie en aurait hébergé selon Pline l'Ancien (V,VIII, 31) et Polybe (XII,3 , 5). Appien (livre africain, IX, 34) affirme que lorsque les Carthaginois apprirent que Scipion l'Africain s'apprêtait à passer en Afrique, ils envoyèrent Hasdrubal chasser l'éléphant en Numidie. b66.jpg

Pline l'Ancien décrit l'éléphant d'Afrique du Nord comme un animal capable de supporter la soif et l'ardeur du soleil dans les déserts de Libye où les Garamantes leur donnait la chasse, c'est à dire au Fezzan.

Ces indications prouvent que les éléphants employés par Hannibal ne venaient pas d'Orient.

Les changements de climat, la chasse ainsi que leur utilisation dans les jeux du cirque ont sans doute provoqué la disparition progressive des éléphant d'Afrique du Nord.

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A la différence de l'éléphant d'Asie qui a le dos régulièrement convexe, l'éléphant d'Afrique du Nord possédait une silhouette caractéristique avec un ensellement en arrière de la tête.

Plus petit que son cousin asiatique, il ne dépassait pas les 2,50m au garrot, une taille modeste qui ne leur permettait pas de porter cette tour dont ils sont parfois affublés sur certains tableaux ou dessins.

Le rôle de l'éléphant de combat ne fut pas négligeable. Il fut le deuxième animal, après le cheval, utilisé par Hannibal dans ses guerres. Il est même plus souvent mentionné par les sources historiques.

Les Carthaginois en ont aligné un nombre important pour mener à bien leurs diverses entreprises; 140 pendant la Deuxième Guerre punique.

Par sa force d'impact redoutable pour les lignes d'infanterie ennemies , cet animal donnait aux lignes d'infanterie d'Hannibal la solidité qui leur manquait.

Sa première apparition dans les sources littéraires est associée à la bataille d'Agrigente (Sicile) qui opposa Carthaginois et Romains. Ces derniers surnommèrent les éléphants; "boeufs de Lucanie".

Les éléphants étaient protégés par des plaques métalliques et ils portaient une clochette destinée à les exciter au combat.

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Défensivement, ils étaient disposés en ligne, sur toute la largeur du front, pour protéger l'infanterie.

Offensivement, leur principale mission consistait à enfoncer et à désorganiser les lignes de l'infanterie lourde ennemie.

En revanche, lorsque leur nombre était insuffisant, ils étaient généralement placés aux ailes, afin d'effrayer les montures des cavaliers adverses.

Sinon, ils pouvaient aussi servir à briser les palissades des camps. Enfin, il semble qu'on les ait parfois employés, en fin de bataille, pour piétiner ou refouler les derniers combattants.

Ils constituaient toutefois une arme à double tranchant car, s'ils permettaient d'enfoncer les lignes ennemies avec facilité, ils pouvaient aussi, dans la confusion de l'engagement ou s'ils étaient blessés, se retourner contre leurs maîtres.

Les cornacs étaient donc équipés d'une pointe de fer, qu'ils étaient chargés d'enfoncer dans la nuque de l'animal lorsqu'ils en perdaient le contrôle (Tite-Live, XXVII, 49).

 

"Furor Elephantus"

Nous avons choisi de présenter un hypothétique entraînement d'un éléphant de combat carthaginois sous la forme de jeux équestres (lancés de javelots sur cibles, lance de combat) opposant deux champions rivalisant de dextérité.

Ces jeux sont suivis par une confrontation entre un éléphant de combat et des fantassins.

l'éléphant d'Afrique que nous utilisons est une femelle de taille moyenne, elle offre des caractéristiques physiques presque similaires à son cousin disparut d'Afrique du Nord. L'éléphant est éduqué par un professionnel du cirque détenant tous les agréments nécessaires à la détention et la présentation de pachydermes en public. Cette animation offre toutes les garanties de sécurité pour le public.

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